La place des femmes dans l’eSport : Tous au même niveau ?

A une époque, les jeux vidéo c’était « un truc de mec ». Mais ce temps-là est désormais révolu. Nous voyons de plus en plus de femmes s’immiscer dans les parties, et ce, peu importe le jeu. Que ce soit dans FIFA, Call of Duty, League of Legends, etc. la gente féminine représente aujourd’hui un beau pourcentage de participation.

Selon SuperDtata, 22% des fans d’eSport sont des femmes contre 78% d’hommes. En France ce taux est sensiblement le même. Seulement nous constatons une différence entre les deux sexes et ce, à plusieurs niveaux.

Par défaut, un tournoi eSport se veut mixte. Mais rare est la présence de femmes dans les grandes compétitions. Pourquoi cela ?

Les hommes auraient-ils de l’avance ?

A la différence d’un sport traditionnel, l’attribut physique ne compte pas lorsqu’il s’agit de jeux vidéo. Par principe, les femmes ont donc autant de chance de percer dans ce domaine que les hommes, mais ce n’est pourtant pas le cas. Est-ce que cela viendrait du fait que les jeux vidéo ont été à la base conçus par des hommes et pour les hommes ? Ou bien peut-être que cela viendrait du fait que les joueurs masculins ont commencé à jouer bien avant que les filles ne s’y intéressent ? Ce dernier point expliquerait cette différence de niveau, étant donné que les garçons jouent aux jeux vidéo depuis leur plus tendre enfance.

Des récompenses pas au même niveau

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Si l’eSport est par défaut mixte, sur le papier du moins, dans les faits, il est forcé de constater que l’on est loin de la parité. Nous pouvons voir une différence notoire entre les tournois mixtes et les compétitions féminines en termes de cash prize. En 2015 par exemple, lors de la Paris Games Week qui s’est déroulée du 28 au 29 octobre, les joueuses de League of Legends, devaient se partager un cash prize de 25.000$. Pareillement pour l’Intel Challenge (tournoi féminin) sur CS : GO ou la dotation était fixée à 30.000$. Nous sommes bien loin des 250.000$ octroyés lors des IEM X de 2016 ou des prix faramineux des LCS.

Au tennis par exemple, ce faussé des récompenses est aujourd’hui totalement comblé. Prenez le Grand Chelem par exemple. Ici les gains hommes/femmes sont strictement alignés pour palier toute discrimination.

Un problème lié aux sponsors ?

Il manque clairement un effort d’investissements de la part des sponsors. Pour les équipes féminines se serait le moyen idéal afin de s’entrainer de manière régulière. Malheureusement les sponsors doutent quant aux performances des femmes dans les grandes compétitions et par conséquent sont découragés. Il est bien trop difficile de pouvoir vivre de sa passion, de tout laisser tomber pour consacrer tout son temps à un jeu. Ce manque de temps à évidemment un impact négatif sur leur entrainement. Un manque de pratique ne permet pas d’atteindre des niveaux d’excellence. Vous l’aurez compris, c’est un véritable cercle vicieux qu’il est compliqué de briser.

De plus, les structures féminines se forment généralement que pour l’occasion d’un tournoi et n’ont pas d’objectifs à long terme. Il est donc difficile pour elles de mener une barque solide. Pour faire avancer les choses, il faudrait idéalement qu’une équipe composée que de joueuses réalise une magnifique prouesse lors d’une compétition majeure mixte. Ce serait un excellent moyen de gagner en visibilité et de gagner la confiance des sponsors.

Pour l’instant les joueuses se contentent des tournois uniquement féminins et espèrent qu’ils leur servent de tremplin pour accéder à la reconnaissance, et acquérir de l’expérience.

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L’inconvénient des tournois féminins

Nous l’avons vu, organiser des tournois pour la gente féminine a du bon puisqu’ils permettent aux joueuses de remporter des prix (bien qu’ils ne soient pas extraordinaires) et de titiller la scène de la compétition. Cependant ne serait-ce pas un frein à leur épanouissement ?

Selon Marie-Laure « Kayane » Norindr, figure emblématique du versus fighting en France, « Le problème des tournois féminins est qu’ils se déroulent en même temps que les tournois mixtes ». De ce fait, les filles participent aux tournois dans lesquels elles ont le plus de chance de gagner. Dans les compétitions féminines, il y a moins d’adversaires et le niveau un peu moins élevé, donc forcément…

De plus, se cantonner à une seule catégorie de joueurs n’est pas le meilleur moyen pour gagner en expérience puisqu’on se limite au niveau de ses adversaires mais aussi de ses trainig partners. La capacité d’entrainement est donc plus faible de ce côté-là.

En résumé les femmes et l’eSport

La communauté des joueuses s’agrandie de jour en jour et c’est une bonne chose. Que l’eSport devienne à terme un domaine complètement mixte, et pas que sur le papier, serait une belle consécration. Que les équipes ne choisissent pas les joueurs en fonction de leur sexe, mais vraiment en fonction de leurs compétences serait aussi une victoire. Car après tout, que l’on soit un homme ou une femme en eSport, peu importe ! Nous incarnons tous des personnages virtuels.

Les femmes ne manquent en aucun cas de motivation et certaines réussissent à s’illustrer merveilleusement bien, à l’image par exemple de Ricki Ortiz sur Street Fighter V. Ainsi, que l’on soit fille ou garçon, l’envie de gagner reste la même.

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